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A quoi servent les passes à poissons sur la Loue ?

 

Quingey, Chenecey et maintenant Ornans ... Petit à petit le cours de la Loue se modifie avec l’aménagement de barrages. Ils sont particulièrement nombreux sur cette rivière qui donne son énergie aux hommes depuis des siècles. Un chantier spectaculaire vient de se terminer à Ornans : l’aménagement du barrage Gervais avec la construction d’une passe à poissons et d’une passe à Kayak. Mais à quoi servent ces travaux ?

En aménageant le barrage Gervais à Ornans, son propriétaire, le syndicat mixte de la Loue, veut montrer l’exemple et ce n’est pas qu’une histoire de petits poissons ! L’enjeu est important car d’ici 2018 les 18 propriétaires des barrages situés sur la Loue  ( et un sur le Lison ) entre Arc-et-Senans et Rurey ont l’obligation d’assurer la continuité écologique. En clair, leurs ouvrages ne doivent pas empêcher les poissons de remonter le cours d’eau et les sédiments de le descendre. Tous n’auront pas à réaliser des travaux car certains seuils ont des faibles hauteurs où d’autres sont déjà équipés. Cette obligation découle de la Directive Cadre Européenne et de sa transcription dans la loi française.

L’Agence de l’eau est le principal financeur de ces opérations. Pour son programme d’action 2013-2018, l’Agence Rhône Méditerranée Corse a doublé ses moyens. 414 millions d’euros pourront être utilisés pour « remettre les rivières au coeur du territoire » de ce bassin. Au total sur ce vaste secteur, la libre circulation des poissons et des sédiments doit être rétablie sur 600 seuils et barrages ! Sur la Loue, 50 seuils ont été repérés. En 2013, la Loue a été classée par le ministère de l’Environnement « Réservoir  biologique » sur tout son linéaire de la source à Arc-et-Senans.

Pourquoi rétablir cette continuité ? Les poissons sont sensibles à la température de l’eau, ils doivent pouvoir remonter les cours d’eau pour trouver la température qui leur convient ( plus ils remontent vers la source, plus l’eau est fraîche !). Cette absence de circulation provoque un appauvrissement génétique voir la disparition de certaines espèces. Actuellement, on constate un réchauffement de la Loue, les poissons habitués aux eaux de Quingey remontent maintenant jusqu’à Ornans.

L’autre grand objectif de cette continuité écologique est de redonner du dynamisme aux rivières et d’éviter les plans d’eau. Dans le Doubs, sur les 90 km de linéaire de la Loue, 25 km sont des plans d’eau avec de beaux effets miroir comme à Rennes-sur-Loue. Et qui dit plan d’eau, dit non circulation des sédiments.
L’Agence de l’eau précise qu’‘une rivière libérée de toute contrainte de mobilité retrouve un fonctionnement naturel et devient l’une des meilleures préventions contre les inondations ».

Sur la Loue, il existe des passes à poissons à Quingey ( pour l’apron du Rhône) ,  à Arc-et-Senans et Chenecey Buillon. Des projets de modifications sont en cours à Rennes-sur-Loue ( je consacrais prochainement un article sur ce cas intéressant) , à Ornans sur le site de l’Homlon, sur celui de Chays Chirac et de la Tricote) . En 2016, l’ouvrage de Lombard devrait être supprimé .

Voici le reportage tourné avec Florence Petit, Laurent Brocard, Rémy Bolard et Xavier Brand. Avec Maurice Demesmay, président du Syndicat mixte de la Loue, Pascal Reilé, concepteur de la passe à poissons d’Ornans et Cyril Thevenet, directeur du syndicat mixte de la Loue : 

http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/vallee-de-la-loue/2015/10/08/a-quoi-servent-les-passes-a-poissons-sur-la-loue.html

 

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