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Fête de la NatureFête de la Nature

la grande Leyre

La Grande Leyre comme repère

 

 

Jeudi dernier à Moustey, une cinquantaine de personnes ont assisté aux projections et pris part au débat autour du projet d'affiliation au label Rivière sauvage, dont la Grande Leyre pourrait se parer avantageusement. Pêcheurs, comme Marc Guilhemsans - véritable mémoire des rives du petit fleuve en amont et en aval du « Horc d'Eira » (la confluence) - pratiquants du canoë-kayak comme Marie Duval, présidente du Comité régional de canoë-kayak d'Aquitaine, élus ou administratifs (Cédric Pain et Vincent Ichard, maires de Mios et de Moustey, Laurent Trijoulet, directeur du PNR) ou bien simples amis de la nature, tout ont un point commun : ils aiment « leur » Leyre.

Monté par Laurent Dégrave, technicien rivière du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, un petit film sur la Grande Leyre intégrant des vues de la rivière prises il y a près d'un siècle, a permis de voir combien le cours d'eau, étonnamment, est revenu « sauvage ». Avait-il d'ailleurs jamais cessé de l'être ? Cependant, les activités de naguère - flottage du bois à partir de Moustey ou coupes systématiques des feuillus - ont disparu.

Les eaux claires s'écoulant sous les frondaisons de la forêt galerie, entretenue avec mesure par les gestionnaires de la « petite Amazone landaise » (associations, collectivités locales, PNR), n'en font un peu qu'à leur tête au fil des saisons et des crues, créant des méandres ou des îles, dégageant des abrupts dans le sable et l'argile ou faisant naître d'étonnantes plages. Dès lors, la Grande Leyre pourrait-elle faire partie de cette minuscule escouade des ruisseaux et rivières vraiment « sauvages » au sens où l'entendent géographes et écologues (1 % sur les 500 000 km de cours d'eau en France) ?

Territoire d'exception

Venu du Haut-Jura où il connaît parfaitement la vallée de la Valserine, Denis Caudron a expliqué, documents à l'appui, la démarche de labellisation (1). Ce ne serait certes qu'un label privé, sans contrainte réglementaire (elles existent déjà…), mais ce sceau inédit apparaîtrait comme une indéniable marque de reconnaissance, comme une véritable distinction, au sens noble du terme, pour les gestionnaires de la rivière (pêcheurs, associations de canoë-kayak, PNRLG). Pour l'image du territoire, de Mexico à Mios, en passant par Pissos ou Saugnac, quelle aubaine que cette valorisation d'un territoire véritablement « d'exception » !

Grand pagayeur devant l'Éternel, Frédéric Gilbert (1), chargé de la communication et des activités de pleine nature au parc naturel régional, s'appuyant lui aussi sur des images prises en juin dernier lors d'une descente en huit jours de la base de Mexico jusqu'au delta et même jusqu'aux passes du bassin d'Arcachon, a souligné les caractères aujourd'hui privilégiés de la Leyre : silence, biodiversité, solitude… Des denrées rares dans un monde bruyant qui va peut-être à vau-l'eau. Pourquoi donc ne pas valoriser ces apaisants repères ?

Jean-Jacques Fénié

(1) http://www.rivieres-sauvages.fr (2) Compte-rendu de son livre « La simplicité du kayak », collection « Petite philosophie du voyage », éditions Boréal, 2013, dans « Sud Ouest » du 16 octobre 2013.

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